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“Bleu Toguo”.
Certains artistes ont une empreinte si indélébile dans le monde des couleurs, qu’une couleur devient leur véritable signature, parfois même une marque déposée. En Europe, et dans l’univers artistique des arts plastiques, les plus connus se nomment Yves Klein avec son IKB (International Blue Klein, un bleu outremer) ou encore Pierre Soulages avec son noir nommé Outrenoir. Pour l’artiste camerounais
Barthélémy Toguo, il s’agit là d’un bleu particulier, sans plomb, qui porte son nom. Son bleu Toguo est accessible à tout le monde bien qu’il ait été créé avec la Manufacture de Sèvres, une institution française reconnue pour son savoir-faire et son excellence dans la céramique et la porcelaine depuis dessiècles.

Ce fameux bleu Toguo est mis à l’honneur dans l’œuvre Célébrations, réalisée à l’occasion d’un concours organisé par la RATP en 2017 lors de la rénovation de la station de métro parisienne Château Rouge. C’est cette volonté de transmission, d’accessibilité qui caractérise sans doute le plus la démarche de l’artiste. Révéler, mettre en lumière les injustices, les divergences du monde contemporain : voilà la trame de
Barthélémy Toguo, qui manie aisément de nombreux supports artistiques tels que le dessin, la peinture, la photographie, l’installation, la sculpture ou encore la performance.
A son engagement artistique, il aime faire écho aux mots de l’écrivain et prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka « le tigre ne proclame pas sa tigritude ». Il aime et assume son rôle de révélateur sans se limiter à sa propre identité nationale : son langage est universel, c’est aussi pour cela qu’il parle de l’humanité à travers ses œuvres, sans frontière. Barthélémy Toguo aborde ainsi le Printemps Arabe, le choc des différentes traditions européennes et africaines, l’exil, pour ne citer que ces sujets, en somme l’humain dans toutes ses ambivalences.
Véritable lien entre toutes les nuances de l’humanité, Barthélémy Toguo effleure, surprend sans heurter ni blesser ses congénères peu importe leurs couleurs de peau. Sa volonté de lier, relier les humanités et surtout de valoriser l’art contemporain africain se concrétise par la création du centre Bandjoun Station inauguré en 2013. A cela, jouxtant l’édifice, 3 hectares de terrain sont consacrés à l’agriculture et visant à l’autosuffisance alimentaire.

Barthélémy Toguo est ce révélateur de vie comme il le dit lui-même : «La vie, c’est la beauté
qui côtoie la laideur, la solitude qui côtoie la souffrance. C’est l’ensemble des ressentis humains qui
m’intéressent. Partout, tout le temps.»

Barthélémy Toguo est un artiste camerounais né en 1967. Il vit et travaille à Paris. Après son cursus aux Beaux-Arts d’Abidjan, il poursuit ses études à Grenoble (toujours aux Beaux-Arts) puis à la Kunstakademie de Dusseldorf. En 2013, il crée le centre Bandjoun Station au Cameroun, véritable centre d’art, musée et atelier, devenue une référence dans le milieu artistique.

-Urban Requiem, Barthélémy Toguo, 8 échelles en acier, 64 tampons en bois, 64 empreintes de bois gravé sur papier, dimension variable 2017, Galerie Lelong, Paris

Urban Requiem, Barthélémy Toguo, 2017

 

Redemption, Barthélémy Toguo, 2014

 

Le souffle des offrandes,  Barthélémy Toguo

 

Vaincre le virus ! XII, Barthélémy Toguo

 

L’homme généreux de sa ferme, II Barthélémy Toguo

 

L’odeur de la vie VII, Barthélémy Toguo.

 

 

 

 

Anouk Bertaux, historienne de l’Art /  DR Art design/ africanparure2018@gmail.com

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